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C. Znaty (Medef Paris) : « Nous travaillons sur les modalités de remboursement des prêts garantis par l’Etat »

Le président du Medef Paris décrit les secteurs de l’économie les plus touchés par la crise du Covid au sein de la Capitale, les initiatives des entreprises face à la crise économique et le travail du Medef sur les modalités de remboursement des prêts garantis par l’Etat (PGE) qui pourraient, dans certains cas, se transformer en quasi-fonds propres.

– Comment les chefs d’entreprise parisiens abordent-ils cette rentrée ?

Les chefs d’entreprise sont habitués à vivre avec le risque. C’est même ce qui constitue le sel de la libre entreprise. Nous sommes confrontés à un risque sanitaire, dont on connait bien, aujourd’hui, les contours. On sait comment se prémunir de la propagation de la pandémie. Je suis ravi, en l’occurrence, que le gouvernement ait décidé de rendre le port du masque obligatoire partout dans Paris. Il faut des règles claires, responsabiliser les gens. J’estime d’ailleurs que l’on n’a pas assez insisté sur l’intérêt d’une application comme Stop Covid. Mais le vrai risque est économique. Prolonger inutilement l’absence d’activité économique va créer de la pauvreté, des situations inextricables, tant pour les entreprises que pour leurs salariés, des associations ou des commerces.

– Paris souffre-il plus que le reste de la France ?

L’absence de touristes en général – pas d’étrangers, pas de provinciaux – et de touristes d’affaires en particulier se fait cruellement sentir. Le « travel retail », notamment dans les aéroports, se trouve en situation de très grande difficulté. Le secteur des conventions, salons, congrès est au point mort, et ne repart absolument pas. Il s’agit pour nous d’une grande préoccupation, puisque des centaines de milliers d’emplois sont en jeu, à Paris mais aussi dans l’ensemble de la région parisienne. Les hôtels et restaurants sont également sinistrés. L’horizon de redémarrage de ces activités a encore été repoussé, on ne sait pas réellement jusqu’à quand, puisque nous évoluons, sur ces questions, au jour le jour.

L’ensemble de l’industrie du divertissement est également concerné : celle du spectacle vivant, la production, les grandes salles de spectacle, le stade de France ou l’AccorArena sont au point mort, l’ensemble des grands festivals est annulé.

 

– Les quartiers tertiaires sont-ils également en grande difficulté ?

Dans les quartiers majoritairement ou exclusivement occupés par des bureaux, les commerces souffrent également, les boulangers, les cordonniers, les teinturiers, bref, tout le commerce de proximité, qui s’est greffé sur les flux de salariés, se retrouve quasiment sans activité.

– Comment aider ces secteurs ?

Les exonérations de charges, de même que des outils tels que le prêt garanti par l’Etat (PGE) constituent une partie de la solution. Certaines de ces aides vont se transformer, d’autres disparaître, et on n’évitera pas, in fine, un certain nombre de faillites. Il va y avoir de la casse. La responsabilité de l’Etat, mais aussi des chefs d’entreprise, consiste à voir comment on peut permettre à des activités de se substituer à celles qui vont disparaître, pour pouvoir aménager une forme de transition.

– Quelles sont vos idées à ce sujet ?

Nombre de nos adhérents sont déjà en action. Je discutais récemment avec la présidente de Primark (NDLR : entreprise irlandaise spécialisée dans la distribution de vêtements à bas prix), qui se porte bien, et qui vient de décider de prendre 500 apprentis, là où elle en aurait embauché 150 en année normale. Idem pour Lidl, qui travaille également sur une augmentation de ses activités à Paris et en région parisienne. C’est valable également dans le BTP, où énormément d’argent public va être fléché par le gouvernement, notamment pour augmenter le volume de chantiers et de travaux favorables à la transition énergétique. Certains changements, rendus nécessaires, vont s’effectuer à marche forcée, et s’opérer en quelques mois au lieu de quelques années. C’est une chance.

– Que fait le Medef Paris face à ces incertitudes ?

Nous avons identifié le stress du chef d’entreprise comme l’un des sujets à traiter. Il peut déboucher sur des situations personnelles souvent compliquées. Nous mettons en place des webinaires sur le sujet. Par ailleurs, nous travaillons en liaison avec les tribunaux de commerce et des prud’hommes pour identifier en amont, le plus vite possible, les difficultés auxquelles les entreprises peuvent être confrontées. Il s’agit aussi de former, en accéléré, les chefs d’entreprise à ces sujets.

– Vous travaillez également sur le prêt garanti par l’Etat (PGE) ?

Nous essayons aussi de les aiguiller sur les stratégies à développer début 2021, par rapport au prêt garanti par l’Etat (PGE) notamment. Faut-il le rembourser ? Faut-il au contraire tenter d’obtenir un étalement des paiements ? Nous allons passer en revue les différentes options. Certaines entreprises ont obtenu un PGE dit de précaution, et ne l’ont pas utilisé. Dans ce cas-là, il faut le rembourser. A l’inverse, certaines entreprises vont se retrouver dans l’impossibilité matérielle de faire face à leurs échéances.

Dans ce cadre, il faudra une discussion avec les pouvoirs publics, et comme l’a dit Eric Woerth, il est sans doute préférable, dans ce cas, que ces prêts puissent être considérés comme des quasi-fonds propres et qu’ils soient intégrés dans le haut de bilan. Ce sera alors à l’Etat de voir comment il peut aménager ce genre de mesures avec les banques. Ces dernières ont avancé ces sommes sur leur trésorerie, on ne peut leur faire porter la créance sur des durées trop longues. Entre ces deux extrêmes, il y a sans doute toute une graduation possible.

 

LEG 01 : Charles Znaty, au 4° étage de l’hippodrome de Longchamp, qui accueillait il y a quelques jours l’université d’été du Medef. © Jgp
LEG 02 : Charles Znaty. © Jgp

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