Nos actions
Accueil Actualités JO 2024 : un calendrier serré
Aménagement - Sport

JO 2024 : un calendrier serré

Grand Paris - Aménagement

Pour une location responsable et solidaire

Grand Paris - Construction

Montparnasse : le quartier prépare sa mue

Aménagement - Sport

JO 2024 : un calendrier serré

Le Village olympique accueillera 17 000 athlètes en 2024 avant de se transformer en quartier de 11 000 habitants. © Paris 2024/Luxigon/DPA

En place depuis janvier, la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) monte en puissance au fil des mois. Son directeur général, Nicolas Ferrand, évoque le calendrier auquel il est soumis pour que les installations nécessaires aux Jeux olympiques de 2024 soient opérationnelles dans les temps et l’enveloppe prévus.

Quel est l’objet de la Solideo ?

 

Notre rôle est de mettre en œuvre le dossier de candidature et de garantir que 39 objets différents – cela va de petits objets comme un cheminement piéton le long de la RN2 au Bourget jusqu’au Village olympique – seront livrés à temps pour les JO. Mais nous ne faisons pas tout car, contrairement à Londres où il n’y avait qu’un seul maître d’ouvrage dans la logique de l’organisation institutionnelle anglaise très centralisée, il y a, pour les Jeux de 2024, une organisation éclatée avec une trentaine de maîtres d’ouvrage : Paris va construire l’Aréna 2, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis le centre aquatique de Marville, la métropole le centre aquatique olympique, la Région, l’Etat.

C’est un défi de réussir à tout coordonner mais les Jeux ont un tel pouvoir dynamisant ! Il s’agit de canaliser les énergies – voire le trop plein d’énergie – pour que l’ensemble se coordonne, car il n’y a besoin de motiver personne, les maîtres d’ouvrage se sont déjà bien échauffés avec la candidature. Depuis janvier, nous montons en puissance, nous sommes passés de 1 à 14 personnes en comptant celles qui sont en train d’arriver, et nous serons entre 80 et 100 d’ici un an et demi.

 

Quel est votre agenda d’ici à la livraison des équipements ?

 

Entre l’attribution des JO à Paris, le 13 septembre 2017 à Lima, et la livraison des ouvrages fin 2023, il y avait 2 500 jours. 250 ont déjà été consommés. Compte tenu de l’ampleur des chantiers, nous aurons trois ans de travaux, de 2021 à 2023. Cela suppose que l’ensemble des procédures de dévolution des marchés, de vente de charges foncières ou de démarches administratives se passe sur l’année 2020. Les procédures pour le choix des prestataires doivent être lancées à la fin de l’été 2019. Nous avons donc 16 mois d’études devant nous pour transformer le dossier de candidature en dossier opérationnel, avant de commencer à choisir des promoteurs ou des constructeurs. Nous sommes dans un calendrier absolument infernal. Tout le monde en a conscience et cela nous met dans une dynamique collective avec le Cojo et tous les maîtres d’ouvrage. La France est un grand pays constructeur, nous ne pouvons pas être en retard pour ce rendez-vous. Il en va de notre image de marque.

 

Dans ce travail d’adaptation du dossier de candidature, vous interrogez les choix qui ont été faits, à la lumière notamment des remarques du rapport des inspections générales, assez sévère sur le projet. Quand arrêterez-vous vos choix ?

 

Nous sommes actuellement dans une phase souterraine, technique, durant laquelle nous menons ce travail de réexamen du dossier de candidature avec le Comité d’organisation des JO (Cojo) et les maîtres d’ouvrage pour trouver le bon équilibre. Nous avons une date butoir : les 18 & 19 juin prochains, avec la visite du Comité international olympique (CIO) pour une commission de coordination qui est organisée deux fois par an. C’est une étape très importante dans la préparation de l’événement. Le CIO regarde tout ce qui concourt à l’organisation des Jeux. A cette échéance, nous y verrons clair sur les évolutions de programme qui sont nécessaires pour tenir les engagements sur les délais, et sur l’épargne publique mobilisable.

Quels sont les points qui pourraient être revus ?

 

Il y a des sujets assez fondamentaux dans l’organisation de cet événement, comme le volet écologique, avec l’ambition d’en faire les Jeux les plus verts de l’histoire de l’olympisme. Le dossier de candidature indique que nous allons faire 50 % d’émissions de gaz à effet de serre de moins que ceux de Londres. Mais après la COP21 et le One planet summit, il faut aller bien plus loin. Notre pays a un positionnement extrêmement fort sur ces thématiques et nous devons faire en sorte que les JO traduisent concrètement les engagements de la France, et servent de démonstrateur à grande échelle de la volonté de notre pays et de ses champions privés en la matière.

 

La France compte des grands constructeurs, gestionnaires de services urbains, bureaux d’ingénierie, architectes… cet événement doit donc être une vitrine de leurs savoir-faire, dans cette dynamique de la réduction de l’empreinte carbone de notre civilisation.

17 000 athlètes – et leurs accompagnants – et 25 000 journalistes seront présents, et il y aura 4 milliards de téléspectateurs. Les questions sont donc de savoir comment on organise 40 compétitions de niveau championnat de monde simultanément, comment on construit des quartiers pour transformer la Seine-Saint-Denis, et comment est-ce qu’on parle au monde ?

 

Comment comptez-vous susciter des innovations pour cette occasion ?

 

C’est une question cruciale. Il faut à la fois être innovant et mettre en œuvre des innovations qui marchent. Une des plus grandes innovations récentes est le tramway sans fil de Bordeaux qui est extraordinaire, mais il a rencontré des problèmes pendant ses premières semaines, or nous n’aurons que les premières semaines de nos innovations à montrer au monde. Notre maquette financière prévoit un fonds pour l’innovation qui va permettre de les accompagner.

Nous allons mettre en place des appels à projets liés aux questions d’écologie urbaine, c’est-à-dire autour du carbone, de la biodiversité, de la nature en ville, de l’économie circulaire, notamment des matériaux de construction ou de la santé urbaine. Nous souhaitons montrer, au travers des Jeux, qu’il est possible de construire en offrant aux habitants un cadre de vie qui soit bénéfique pour la santé – en termes de qualité de l’air ou de bruit. Nous souhaitons montrer qu’on peut offrir une qualité de vie urbaine en milieu dense, ce que n’offrent pas les mégalopoles d’Asie.

 

Le Village olympique va-t-il être revu à la baisse du fait des remarques du rapport des inspections générales ?

 

Il devait faire 51 ha et il fera 51 ha. Ce village est un objet très singulier, puisqu’il doit accueillir 17 000 athlètes et 6 000 salariés pendant les Jeux, soit 23 000 personnes, l’équivalent d’une ville comme Saint-Mandé. On doit le penser pour que celles-là puissent y vivre pendant deux fois 15 jours avant que ce soit reconverti en un quartier qui comptera environ 11 000 habitants. On doit repenser l’aménagement urbain pour ne pas surdimensionner les installations de cet objet urbain qui doit supporter 23 000 personnes puis redescendre à 11 000. C’est l’inverse de ce que l’on fait d’habitude.

 

Et le Village des médias ?

 

Nous travaillons avec les collectivités locales de manière très constructive. Le rapport des inspections générales a posé beaucoup de questions, a semé le trouble, et nous retravaillons sur un projet en prenant en compte ses remarques tout en répondant aux enjeux politiques du Bourget et de Dugny. Ce n’est pas encore stabilisé mais il y a beaucoup de bonne volonté.

 

Qu’est-ce que la charte que vous souhaitez mettre en place concernant l’emploi dans les chantiers ?

 

Cette charte, que nous souhaitons finaliser pour juillet prochain, dispose d’un volet PME et d’un autre touchant à l’insertion. Sur le premier point, le fait de confier 25 % des marchés à des PME ne fait plus débat. Cet aspect a été initié pendant la candidature avec l’ensemble des maîtres d’ouvrage, le Medef, la FNTP, etc. Il n’y a, en revanche, pas encore de consensus s’agissant de l’insertion. Classiquement, des acteurs comme la Société du Grand Paris ou l’Anru fixent un seuil de 5 % des heures travaillées en insertion, nous n’avons pas encore d’arbitrage politique sur l’ambition que l’on se donne à ce sujet pour les Jeux.

Quels sont les liens avec le Cojo avec qui vous partagez vos locaux, boulevard Haussmann ?

 

Le Cojo nous héberge depuis janvier, il nous sous-loue une partie de ses locaux, nous partageons donc le même plateau et des salles de réunion, ce qui permet d’avoir une proximité physique. Mais il y a aussi quelque chose de plus profond, de psychologique. Nous sommes deux structures juridiques différentes mais nous sommes un peu siamois dans cette aventure, en symbiose, nous sommes extrêmement proches. On transpire ensemble, on court ensemble, on gagne ensemble, on célèbre ensemble nos réussites.

Ils sont plus gros que nous, ont une force de frappe plus importante, mais les actions que nous menons sont complémentaires. Car même sur le cheminement piéton prévu au Bourget, j’ai besoin du Cojo pour savoir combien de personnes vont l’emprunter simultanément. Cela permettra la bonne qualité de l’expérience des spectateurs. Il a la responsabilité d’organiser les JO tant du côté des athlètes que des spectateurs, notre relation vise donc à bien dimensionner les équipements pour les Jeux et après, le tout dans une enveloppe contrainte.

Cet article vous a-t-il intéressé ?

2

oui

non

0

haut de page

Nous suivre

En poursuivant la navigation sur ce site vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêt. Pour en savoir plus cliquez ici.