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L’Institut Paris Region analyse le nouveau paysage communal et intercommunal

Dans sa 7e chronique consacrée aux élections municipales en Ile-de-France, publiée le 26 novembre 2020, l’Institut Paris Region s’intéresse aux profils des maires et présidents d’intercommunalités issus du scrutin de 2020. Parmi les tendances observées : un « renouvellement communal timide », une stabilité « quasi totale de la couleur politique des exécutifs des EPCI » et l’affirmation progressive du pouvoir intercommunal.

Dans sa dernière « Chronique des communes franciliennes », mise en ligne le 26 novembre (*), l’Institut Paris Region s’intéresse au « 3e tour électoral » des municipales, celui de la désignation des maires et des présidents d’intercommunalités. « Derrière un renouvellement communal timide, la constance politique de l’échelon local semble cacher une tendance plus profonde d’affirmation du pouvoir intercommunal », observent ses deux auteurs, Isabelle Zugetta et Léo Fauconnet.

Renouvellement « relatif »

Si les résultats des dernières élections municipales « faisaient état d’une forte stabilité au regard des listes arrivées en tête dans les communes de plus de 1 000 habitants », l’institut note qu’un « renouvellement relatif s’opère tout de même » dans le profil des maires. Ainsi, alors que « la génération des édiles élus pour la première fois dans les années 2000 est en train de s’effacer », la moyenne d’âge des maires franciliens est descendue de 63 à 59 ans et la féminisation est en progrès, même si « l’évolution est mesurée » avec 277 femmes maires contre 220 précédemment. « À ce rythme, la barre des 50 % sera atteinte en 2050 ! », pointent les auteurs.

Ces derniers se penchent ensuite sur la carte politique des intercommunalités, qui « est le décalque de celle des communes ». Isabelle Zugetta et Léo Fauconnet relèvent ainsi « une stabilité quasi totale de la couleur politique des exécutifs des EPCI d’Ile-de-France » en 2020, à l’exception de deux cas, « largement médiatisés », de deux EPT de Seine-Saint-Denis, Plaine Commune, passé d’une majorité communiste à socialiste, et Est Ensemble, qui « a suivi le chemin inverse ». Et globalement les exécutifs restent très largement majoritairement dominés par la droite, « avec 47 EPCI sur 62, à quoi il faut ajouter la métropole du Grand Paris », tandis que les partis de gauche conservent 11 structures, dont quatre EPT.

« Coopératives de villes »

Pour autant, « cette stabilité ne signifie pas que les intercommunalités sont des institutions dépourvues d’enjeux politiques, analysent Isabelle Zugetta et Léo Fauconnet. On sait qu’elles ne sont pas autant régies par le fait majoritaire que les conseils municipaux ». Selon les auteurs, en Ile-de-France, encore plus qu’ailleurs, les intercommunalités, sont « conçues comme des “coopératives de villes” et non comme des échelons indépendants et stratégiques ».

La carte politique intercommunale francilienne de 2020. Source : Institut Paris Region

Autre observation : « plus qu’avant semble-t-il, la compétition pour l’accès aux postes de responsabilité intercommunaux a fait rage durant l’été dernier », notent les deux représentants de l’Institut, revenant sur les « nombreuses candidatures dissidentes [qui] se sont manifestées au sein des majorités établies et en opposition avec certaines présidences sortantes ». Par ailleurs, « les débats autour des exécutifs des grands syndicats intercommunaux corroborent cette impression que les intercommunalités, désormais dotées de moyens juridiques, financiers et humains importants, sont devenues de véritables lieux de pouvoir ».

De fait, une « réalité s’impose », poursuivent Isabelle Zugetta et Léo Fauconnet : « les présidents des EPCI sont désormais des élus incontournables de la géopolitique francilienne ». Ces derniers sont, en outre, pour la très grande majorité d’entre eux, maires de leur commune d’origine. « On constate donc, comme ailleurs en France, que l’intercommunalité reste entre les mains de maires et ne s’affirme qu’exceptionnellement comme un lieu de pouvoir autonome ».

Pas de bouleversement des équilibres politiques territoriaux

Les présidents d’EPCI ne sont pas pour autant majoritairement issus des villes les plus importantes des territoires qu’ils représentent, comme le relève l’institut : « Au niveau régional, seuls 25 chefs d’exécutifs sur 62 (hors MGP) sont issus de la commune la plus peuplée de l’intercommunalité », une tendance cependant plus marquée en grande couronne.

« En définitive, la séquence électorale de 2020 n’a bouleversé ni les équilibres politiques territoriaux en Ile-de-France ni ceux qui régissent les rapports entre les communes et leurs intercommunalités, concluent les deux auteurs. La montée en puissance des secondes ne pourra être confortée que par une évolution du système électoral et le renforcement de leur légitimité politique. Dans la période de gestion de crise que nous connaissons, au cours de laquelle l’État ne manquera pas de réaffirmer sa recherche d’efficacité et de rationalisation de l’action publique décentralisée, il sera intéressant d’observer les mutations de la gouvernance locale de la région capitale. »

(*) Retour sur les municipales 2020 : les « nouveaux » profils des maires et présidents d’intercommunalités en Ile-de-France,  Institut Paris Region.

https://www.institutparisregion.fr/gouvernance/chroniques-des-communes-franciliennes-2020/retour-sur-les-municipales-2020-les-nouveaux-profils-des-maires-et-presidents-dintercommunalites-en-ile-de-france.html?utm_source=email&utm_campaign=6clics_lactu_de_LInstitut_Paris_Region_-_139_-_26_novembre_2020&utm_medium=email

LEG01 : Un renouvellement relatif s’opère chez les maires franciliens. Source : Institut Paris Region

LEG02 : Mathieu Hanotin, nouveau président de Plaine Commune, l’un des deux EPT dont la majorité politique a changé suite aux élections municipales. © Jgp

LEG03 : La carte politique intercommunale francilienne de 2020. Source : Institut Paris Region

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