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Michel Cadot : « Il faut créer à Paris-Saclay un cadre de vie plus attractif »

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Michel Cadot : « Il faut créer à Paris-Saclay un cadre de vie plus attractif »

Michel Cadot. © Jgp

Le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, détaille les principales recommandations contenues dans le rapport récemment remis au Premier ministre afin d’actualiser la stratégie de Paris-Saclay. Le renforcement de l’attractivité du cluster de rang mondial, le développement des aménités qui lui font encore défaut figurent parmi ces mesures, au même titre que l’accompagnement de la structuration académique et le soutien au développement des start-up.

– Quel est l’objectif de votre rapport ?

 

Le Premier ministre a souhaité, une dizaine d’années après la création de l’opération d’intérêt national (OIN), actualiser la stratégie de Paris-Saclay afin de s’assurer, compte tenu des décisions récentes relatives à la réorganisation académique notamment, avec l’Institut polytechnique de Paris d’un côté et l’Université de Paris – Saclay de l’autre, que le projet était toujours sur de bons rails. Je rappelle que Paris-Saclay est avant tout porté par une ambition d’excellence académique et universitaire, de recherche, de dimension nationale et internationale. Cela sur le périmètre de trois communautés d’agglomération, de deux départements, et avec une montée en charge de plus en plus visible des différents aménagements.

 

– Il s’agit d’un travail collectif ?

 

Nous avons mis en place, en effet, un comité de suivi permettant d’associer les élus, notamment la présidente Valérie Pécresse, les principaux membres du conseil d’administration de l’Etablissement public d’aménagement de Paris-Saclay (Epaps), qui est l’organisme aménageur, mais aussi l’ensemble des responsables académiques, des universités et grandes écoles désormais très présentes sur le site. Les acteurs locaux, collectivités territoriales, mais aussi les chefs d’entreprise et les responsables associatifs ont également été associés aux travaux préparatoires à ce rapport. Ce travail partenarial a donné notamment lieu à un séminaire d’une journée, permettant de valider ses grandes orientations.

– Vous estimez que les motifs d’inquiétude exprimés sur le projet n’ont plus de raison d’être ?

 

L’arrivée des grandes écoles et des différents établissements universitaires et de recherche sur le plateau de Saclay se poursuit à un rythme soutenu, Supélec hier, l’Ecole normale supérieure de Paris-Saclay demain ou AgroParisTech à la rentrée de 2021, par exemple. Avec, pour chacun d’eux, plusieurs milliers d’étudiants concernés. Parallèlement, le renforcement universitaire se poursuit et le développement des instituts de recherche et des laboratoires est extrêmement dense. Les implantations d’entreprises également, sur le plateau et ses pourtours, notamment à Saint-Quentin-en-Yvelines. Sur le site de Paris-Saclay lui-même, de grands laboratoires (Servier ou EDF, par exemple) sont déjà présents. 

Il faut également évoquer des ZAC plus éloignées, telle que celle de Satory-Ouest, qui fera l’objet d’un dossier d’approbation lors du prochain conseil d’administration de l’Epaps. La dynamique est donc bel et bien engagée.

 

– En 2018, la question des transports a focalisé également les inquiétudes…

 

Il n’est pas inutile de réaffirmer que le calendrier annoncé par le Premier ministre est et sera tenu. La ligne 18 reliera le plateau de Saclay à Massy en 2026, à Orly en 2027, avec un achèvement vers Saint-Quentin-en-Yvelines et Versailles en 2030. Les procédures administratives et le dossier de préparation des marchés sont donc bien engagés.  L’adéquation du programme de logements a été revu avec les élus pour tenir compte du calendrier légèrement décalé de l’arrivée de la ligne 18 sur le plateau de Saclay, avec des solutions transitoires pour attendre 2026-2027, notamment sur l’accélération de l’aménagement de la gare routière de Massy. Un projet d’ampleur, porté par la CA et la ville de Massy, permettra d’accélérer les modes de transport en commun en site propre. Sans oublier toute une série d’aménagements pour faciliter l’accès du plateau, en vélo électrique notamment. Des lignes de bus à haut niveau de service beaucoup plus fréquents, avec des capacités plus importantes vont être mises en place.

 

– Le débat à propos de la ligne 18, sur la question de savoir si son tracé doit être aérien ou au sol, est-il relancé ?

 

En tant que président du directoire de la Société du Grand Paris, Thierry Dallard réfléchit à diverses solutions alternatives pour optimiser le projet du Grand Paris express. Le gouvernement veillera à ce que l’on préserve les délais et à ce qu’aucune décision n’insécurise le calendrier annoncé par le Premier ministre sur la ligne 18. Il reste à voir où l’on positionne exactement chacune des gares, définir précisément l’aménagement autour des gares, y compris sur Satory et Guyancourt, à déterminer la part de logements sociaux dans ces aménagements. Il est à noter que les taxes permettant de dégager de nouveaux financements pour le Grand Paris express ont été partiellement déterminées lors de la dernière loi de finances. Le travail se poursuit actuellement pour fixer le complément nécessaire.

 

– Concernant la structuration académique, vous ne préconisez pas la mise en place d’une structure fédérant l’Institut polytechnique de Paris et l’Université Paris-Saclay ?

 

Il est très clairement sorti de ce travail d’actualisation de la stratégie en cours que, pour le moment, il n’est absolument pas nécessaire ni souhaité de créer une structure de gouvernance entre les deux pôles. Il existe une volonté très claire entre leurs responsables pour avancer sur des thèmes communs, pour partager davantage certaines compétences et rendre plus lisibles les capacités de chacun. Pour les années à venir, le schéma est donc bien de renforcer cette coopération entre les deux instances. Il est également envisagé de renforcer l’accompagnement de ces universités, dans le cadre du programme des investissements d’avenir, pour mieux valoriser leurs points communs.

 

– Vous préconisez la dévolution aux universités des fonciers, qui appartiennent aujourd’hui à l’Etat et sont gérés par l’Epaps ?

 

Le foncier des établissements universitaires et des grandes écoles appartient aujourd’hui à l’Epaps, ce qui rend plus difficile sa valorisation. Une analyse doit permettre, dans les 5 ans et dans des conditions apportant toutes les garanties nécessaires, un transfert de gestion directement aux universités et aux écoles, qui pourront ainsi valoriser ces actifs beaucoup plus librement. Cela afin, par exemple, de générer de la cohérence pour réaliser des bâtiments de recherche et moderniser le parc immobilier plus rapidement que dans le cadre des procédures classiques. Cela demande, notamment si des partenariats public-privé ont été établis – comme c’est le cas pour certaines écoles -, des analyses juridiques fines afin de tenir compte des contraintes propres à ce type de contrat. Cela suppose, par ailleurs, de disposer d’une connaissance précise de ces fonciers avec la direction de l’immobilier de l’Etat. Cette dévolution constitue une demande exprimée par les responsables d’établissements. Elle est en place au sein des universités américaines, comme nous l’a montré une étude de benchmarking.

 

– Vous préconisez également un meilleur accompagnement des start-up ?

 

Il faut un système d’incubation plus performant, qui permette aux start-up de passer du projet de recherche à la PME sans devoir quitter les lieux, lors des phases de préfabrication et de fabrication. Actuellement, le bât blesse après l’incubation, lorsque l’on parvient en phase de prototypage et de démarrage de l’industrialisation, ce qui demande davantage d’espace. C’est un des axes de développement, avec des moyens de financement nouveaux en lien avec le commissariat général aux grands investissements.

 

– Vous estimez essentiel d’améliorer le cadre de vie sur le plateau ?

 

Les deux ZAC du Moulon et de l’Ecole polytechnique sont bien engagées mais demeurent aujourd’hui assez minérales, peu verdoyantes. Il existe aussi, au moment où les étudiants arrivent, des problèmes d’attractivité liés à l’absence de commerces, une insuffisance de lieux de vie, des rez-de-chaussée d’immeubles qui sont souvent fermés et ne créent pas de communication entre les écoles et les différentes universités. Pour remédier rapidement à cela, le rapport préconise notamment la mise en place d’une foncière pour assurer le préfinancement et le portage de lieux où des commerces s’installeraient dans des conditions plus avantageuses que celles de marché, tenant compte du fait que nous sommes dans une période de transition, de montée en charge, et de présence inégale sur le plateau dans l’année et la semaine.

– Vous plaidez aussi pour un travail d’animation accru ?

 

Tout à fait. Il faut faire en sorte que les clubs sportifs ou la salle de spectacle de Normale sup’ soit ouverts au public, qu’il y ait davantage de liaisons avec Massy, qui abritera les réserves du centre Pompidou et dispose dès à présent d’un opéra. Il faut sans doute, par ailleurs, que les parkings soient évolutif afin de pouvoir les reconvertir en bureaux. Un certain nombre d’urbanistes consultés nous y ont invités. Il s’agit aussi de préserver au maximum les espaces agricoles et naturels, ces paysages agrestes et forestiers qui contribuent à la beauté du site, et de positionner, dans les aménagements de ZAC, un certain nombre d’équipements nouveaux à l’instar de l’hôpital ou de la sous-préfecture, dont l’implantation prochaine est programmée et financée. Cela signifie sans doute quelques renforts dans les équipes de l’Epaps en paysagistes, responsables d’animation, de façon à mieux orchestrer les relations entre les écoles, les clubs des élèves, les associations d’anciens, etc. Enfin Paris-Saclay mène un projet très ambitieux dans le domaine de la géothermie, qui en fait un site emblématique, répondant en tous points aux exigences de la transition environnementale et énergétique.

 

– Quelles sont vos préconisations concernant la gouvernance ?

 

Le rapport prône l’élargissement du conseil d’administration de l’Epaps aux représentants du monde académique. Il faut que les comités de concertation, les comités consultatifs soient renforcés. Cédric Villani avait animé des structures dans ce domaine dans le cadre des statuts de l’Epaps. Il s’agit de les structurer pour donner toute sa place à un lieu d’échange avec le tissu associatif et les habitants, sur des sujets tels que la Zpnaf (zone de protection naturelle agricole et forestière), les questions d’horaires de bus, les projets d’aménagement, les initiatives culturelles et sportives, etc.

 

– Comment le Premier ministre a-t-il accueilli vos propositions ?

 

Il en a validé les principales préconisations. Le soutien gouvernemental au projet a été réaffirmé, c’est un point auquel je tenais beaucoup et Matignon tiendra chaque année une réunion interministérielle pour suivre l’avancement des préconisations du rapport, arbitrer les décisions quand cela est nécessaire et faire le point sur l’avancement d’ensemble du projet. Quelques semaines avant, un séminaire sur les quatre thèmes principaux du rapport permettra d’évoquer, en concertation locale, comment les mesures ont été mises en œuvre ou quelles nouvelles mesures il faut éventuellement prendre. A ce stade, les 44 préconisations du rapport ont fait l’objet d’un arbitrage ministériel. Ce sont donc des propositions mais aussi des orientations qui ont été arrêtées, et qu’il s’agit maintenant de mettre en œuvre.

 

Renforcer la marque Paris-Saclay au plan international

 

«  Il s’agit là de mieux faire connaître la réalité de ce que l’on peut trouver à Saclay, qui n’est pas identifiée par de nombreuses entreprises, souligne Michel Cadot. Cela passe par une meilleure mise en commun des atouts de ce cluster extraordinaire, en termes de publications de recherche de haut niveau, d’équipements et d’infrastructures de recherche emblématiques du site, ou encore de variété de ses filières économiques. Cela veut dire, surtout, valoriser au plan national et international la marque Paris-Saclay, qui n’est pas aujourd’hui, compte-tenu de sa taille et de son ambition, un simple cluster technologique mais constitue une véritable tête de pont national. Autrement dit, Paris-Saclay constitue une marque qui doit être plus fédérative, mieux identifiée, que ce soit par les réseaux de business France ou dans les postes de nos ambassades à l’étranger. Il faut pour cela une marque unifiée, ce qui n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui. Il existe un accord gouvernemental pour lancer une promotion nationale spécifique avec un message qu’il nous appartient de renforcer collectivement ».

 

Logo Journal du Grand Paris         Article écrit en partenariat avec Le journal du Grand Paris.

 

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