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Myriam Abassi : « L’enjeu du plan de relance est d’avoir une action contra cyclique face à la crise »

« Faire savoir et donner à voir », telle est la devise que Myriam Abassi, sous-préfète à la relance en Ile-de-France, s’efforce d’appliquer avec persuasion et méthodologie, mais aussi efficacité car le temps presse pour permettre à tous les bénéficiaires potentiels de tirer profit de cette manne d’argent public exceptionnelle.

– Quelle est votre lettre de mission en tant que sous-préfète à la relance en Ile-de-France ?

Avec France relance, le gouvernement a créé un dispositif d’une ampleur inédite qui nécessitait une animation ad hoc, sans pour autant créer de strates supplémentaires. C’est ce qui justifie la création de mon poste. Ma première mission consiste à clarifier, fluidifier et simplifier les process pour en accélérer la mise en œuvre et financer les projets dans les meilleures conditions possibles. Dans la continuité du plan d’urgence et de soutien décidé au printemps 2020, France relance atteint, en effet, un niveau de mobilisation sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale : 100 milliards d’euros au niveau national sur deux années, au service d’une très grande diversité de publics potentiels.

Car France relance s’adresse aussi bien aux jeunes qui recherchent, par exemple, une solution d’apprentissage qu’à des dirigeants de TPE-PME, des associations ou des collectivités territoriales. Mon rôle consiste aussi à contribuer à décliner au niveau de l’Ile-de-France l’ensemble des dotations de l’Etat pour des projets qui n’avaient pas vocation à être accompagnés en-dehors du plan de relance.

– Comment s’assurer qu’un maximum de Franciliens pourra en bénéficier ?

Il y a, en effet, un vrai enjeu de visibilité de France relance du fait de la diversité de ses publics, mais aussi des différents leviers pour bénéficier des crédits. Il existe plusieurs modalités de mobilisation des crédits du plan de relance, en fonction des dispositifs proposés (guichet, dotations, appels à projets ou à candidatures…). Par exemple, récemment, 111 projets franciliens portés par des collectivités territoriales ont été subventionnés par l’Etat, par le biais de la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL). Ces projets proviennent d’un recensement de terrain fait par les préfets de département et les sous-préfets d’arrondissement en lien très étroit avec les élus locaux. Les ¾ d’entre eux concernent la transition écologique et énergétique et cela représente, en 2020, près de 55 millions d’euros. En revanche, pour l’appel à projets vélo par exemple, les collectivités intéressées ont monté des projets en renseignant un cahier des charges et candidaté.

– Comment s’organise concrètement la mise en œuvre du plan de relance sur le territoire francilien ?

Au niveau régional, un comité de pilotage et de suivi a été mis en place le 23 octobre 2020 par ses trois coprésidents, le préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris, Marc Guillaume, la présidente du conseil régional, Valérie Pécresse, et le directeur régional des finances publiques, Pierre-Louis Mariel (DRFIP). Ce comité s’est déjà réuni à trois reprises. Sa fonction est de rendre compte, chaque mois, du déploiement du plan de relance de l’Etat dans notre région et d’écouter les remontées de l’ensemble de nos partenaires pour, éventuellement, adapter les dispositifs.

En complément, un comité régional réunit les partenaires sociaux et un autre les associations environnementales. Dans chaque département, chaque préfet anime par ailleurs un comité départemental. Ces instances réunissent services et opérateurs de l’État, élus, chambres consulaires, organisations professionnelles et syndicales. Elles sont l’occasion de partager toutes les informations disponibles, de faire état des premiers lauréats locaux et d’annoncer les appels à projet à venir. C’est en s’adressant au plus grand nombre de partenaires que le plan de relance pourra pleinement être effectif en touchant chacune de ses cibles.

– Quel est le rôle de cet échelon départemental ?

Les comités départementaux du plan de relance font le lien entre le comité régional, qui consolide les données à l’échelle de la région, et les territoires. Ce sont des lieux d’échanges et d’information, où peuvent également s’exprimer les difficultés. Ils n’ont pas pour vocation de recenser les demandes de subventions mais plutôt l’ensemble des informations du terrain. Concernant le volet cohésion sociale du plan de relance, nous nous appuyons sur une organisation existante avec les réunions des 25 comités de bassin emploi formation : elles associent les sous-préfets d’arrondissement, les élus du conseil régional ainsi que la Direccte, Pôle emploi, Cap emploi et les missions locales.

– Est-il possible de faire un état des lieux à fin décembre 2020 de la mise en œuvre de France relance dans la région Capitale ?

A mi-décembre, date de la dernière réunion du comité régional, le directeur de la DRFIP a indiqué que 163 millions d’euros de crédits avaient été engagés en Ile-de-France. La montée en puissance va s’accélérer en 2021, au fur et à mesure, notamment, de l’aboutissement des appels à projets.

– Pourquoi faut-il accélérer la cadence ?

Le rythme doit être soutenu car l’enjeu est de mobiliser les 100 milliards d’euros du plan de relance en deux ans, soit les deux années les plus compliquées en termes de difficultés économiques et sociales à surmonter. Il faut donc faire aboutir rapidement des projets matures qui vont nous permettre de cranter dans la transition écologique, la cohésion sociale, en matière de compétitivité et de relocalisation. L’idée n’est pas seulement de subventionner, mais d’anticiper les besoins de demain. C’est toute la difficulté de l’exercice. L’enjeu est de créer les conditions contra cycliques face à la crise.

– Qu’entendez-vous par là ?

Il s’agit de tout faire pour rebondir sur la crise afin d’en sortir renforcés et de transformer l’économie en utilisant cette période comme une opportunité. Pour ce faire, l’Etat aura besoin de tous : les collectivités territoriales ont un rôle majeur à jouer, tout comme l’ensemble des opérateurs privés.

– Comment s’assurer que les 100 milliards d’euros soient équitablement répartis sur le territoire national ?

La cohésion territoriale et sociale est au cœur de France relance. Ces derniers mois, plusieurs centaines de projets franciliens ont déjà directement bénéficié de ce formidable levier. Je pense par exemple aux 67 projets industriels accompagnés dans le cadre des fonds industriels de l’Etat à hauteur de 60 millions d’euros, aux 613 millions d’euros qui vont permettre de rénover plusieurs centaines de bâtiments de l’Etat et ainsi contribuer à relancer la commande publique, aux 37 recycleries et ressourceries qui ont pu percevoir 1.5 million d’euros ces dernières semaines dans le cadre d’un fonds de secours ou encore aux 263 librairies franciliennes qui ont perçu 3.5 millions au titre d’une aide exceptionnelle. Et je pense aussi aux 57 000 jeunes Franciliens qui se sont engagés dans un parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea) auprès des missions locales, aux 12 000 jeunes qui bénéficient de la garantie jeune, aux 16 000 autres qui suivent un parcours d’accompagnement intensif des jeunes (AIJ) auprès de Pôle Emploi.

Derrière ces chiffres rendus possibles grâce à France relance et à la mobilisation de tous les services de l’Etat, ce sont autant de Franciliennes et de Franciliens qui sont au cœur de l’action quotidienne de l’Etat.  Ce qui nous obnubile c’est « faire savoir et donner à voir » France relance, en transparence et en temps réel.

LEG : Myriam Abassi, sous-préfète à la relance en Ile-de-France. © Préfecture d’Ile-de-France

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