Nos actions
Accueil Actualités Patrick Ollier : « La zone à faibles émissions est d’abord une question de santé publique »
Grand Paris

Patrick Ollier : « La zone à faibles émissions est d’abord une question de santé...

Et aussi... - Grand Paris

JOP 2024 : une promesse de créativité pour bâtir un nouveau modèle

Aménagement - Construction

Inventons la métropole : une 3e édition sur « la construction au bord de l’eau » en...

Grand Paris

Patrick  Ollier : « La zone à faibles émissions est d’abord une question de santé publique »

« La pollution de l’air provoque le décès prématuré de 6 000 personnes par an au sein du périmètre de la métropole », rappelle Patrick Ollier

Le président de la métropole du Grand Paris revient sur l’adoption récente par la métropole d’une zone à faibles émissions. Patrick Ollier en détaille les raisons à la fois de santé publique, climatiques et juridiques.

Vous rappelez que vous avez été parmi les promoteurs du Grenelle de l’environnement ?   Je suis très à l’aise avec ces questions, puisque la mise en place de la zone à faibles émissions (ZFE) décline en effet des mesures du Grenelle de l’environnement, que j’ai contribué à faire voter dès 2009. J’ai porté ce texte, en tant que président de la commission des affaires économiques et de l’environnement de l’Assemblée nationale, avec Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie. Il place la lutte contre le changement climatique au premier rang des priorités. Il contient l’engagement pour la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2050, en les réduisant de 3 % par an, en particulier dans les zones urbaines et péri-urbaines.   Le dispositif de la zone à circulation réduite (ZCR) décidé en 2015 est resté au niveau des principes qui n’ont pas été mis en œuvre à une telle échelle. Emmanuel Macron a heureusement repris le dossier en mains et nous comptons sur le gouvernement pour nous aider à accompagner l’acceptabilité de cette mesure ambitieuse.

Pourquoi cette ZFE s’impose selon vous ?   La lutte contre la pollution de l’air est en premier lieu une question de santé publique. La pollution de l’air provoque le décès prématuré de 6 000 personnes par an au sein du périmètre de la métropole. Cette mesure s’inscrit également, bien sûr, dans la lutte contre le réchauffement climatique. Et c’est, enfin, un problème d’ordre juridique. Pour deux raisons : tout d’abord la Commission européenne nous a mis en demeure à ce sujet. Et la loi NOTRe prévoit que si la France était condamnée par l’Europe, l’amende incomberait aux métropoles et aux communes. Par ailleurs, la métropole du Grand Paris a signé, il y a quelques semaines, avec l’Etat, de même que 14 grandes métropoles françaises, le principe de la mise en place de cette zone à faibles émissions.

Le projet de loi d’orientation sur les mobilités (LOM) prévoit de rendre obligatoire la ZFE avant le 31 décembre 2020 dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants concernées par des dépassements réguliers des normes de qualité de l’air.   Vous estimez que la population à conscience de la nécessité de telles mesures ?   J’ai conscience de ne faire que mon devoir d’élu et de protecteur de la population dans cette affaire, d’être utile aux 7,2 millions d’habitants de la métropole du Grand Paris. Nous allons travailler à la communication et à la pédagogie car je ne suis pas dans un contexte d’écologie punitive mais de dispositions concertées que nous allons rendre acceptable pour la population. Il était nécessaire de faire adopter le principe de la ZFE pour négocier ensuite les conditions de sa mise en œuvre.   Je vais créer deux groupes de travail, l’un dédié à la définition des critères d’aide pour les revenus les plus modestes, l’autre consacré aux mesures alternatives à la voiture pouvant être instaurées. Aujourd’hui, entre les aides de l’Etat, la prime à la conversion, le bonus écologique plus la prime de la métropole dans le cadre de son dispositif « Métropole roule propre », le cumul des aides existantes pour le métropolitain s’élève déjà à 13 500 euros, et va atteindre demain 16 000 euros avec le doublement du montant de la prime accordée par l’Etat il y a quelques jours. C’est un dispositif très important pour aider les personnes les plus défavorisées.   Vous allez tenter d’obtenir plus ?   J’estime effectivement que l’on peut faire encore mieux. Je vais rencontrer François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, cette semaine, pour lui faire d’autres propositions, afin d’aller plus loin, notamment en direction des personnes les plus défavorisées. Rappelons néanmoins que seuls les véhicules classés Crit’air 5 et non classés, quelle que soit leur motorisation (diesel ou essence), sont concernés. Même parmi les personnes les plus défavorisées, le nombre de foyers qui possède de telles voitures est faible. Cela représente 1 % du parc roulant et 118 000 véhicules privés. Une interdiction prenant en compte les Crit’air 4 et 5 aurait porté ce nombre à 500 000. Je m’y suis opposé car je souhaite mettre en place cette mesure d’une manière pragmatique et progressive. Je ne veux pas d’une écologie avec des contraintes excessives pour les habitants.   La ZFE est une mesure progressive ?   Si l’opération se déroule bien, nous passerons aux Crit’air 4 et 5 en 2021, rejoignant Paris, et permettant ainsi la mise en place de contrôle à l’entrée de la métropole entre 2021 et 2022 avec l’aide financière de l’Etat. Et dès lors, l’interdiction fera l’objet d’amendes en cas de non-respect. Cela nous laisse le temps pour négocier avec le gouvernement l’appui financier qu’il va nous apporter pour la mise en place de ces contrôles. L’Etat a prévu 350 millions d’euros d’aide pour les 15 métropole qui vont mettre en place cette ZFE. Je vais également discuter avec Ile-de-France mobilités et la Région pour étudier comment optimiser la mise en place d’un réseau secondaire plus performant.   Vous ne doutez pas que les maires vont signer les arrêtés municipaux nécessaires à la mise en œuvre de la ZFE ?   Lors du vote du conseil métropolitain du 12 novembre 2018, nous n’avons dénombré que 19 abstentions et 12 voix contre. Cette mesure a donc suscité l’adhésion d’une très ample majorité de maires. En l’occurrence, la métropole définit un cadre, des modalités, les fait approuver par les maires. Ces derniers vont constater l’ensemble des mesures d’accompagnement que nous allons mettre en place notamment en direction des habitants, dès janvier prochain. Nous disposons encore d’un peu de temps. Une plateforme unique d’information sur internet va, par exemple, permettre à chaque citoyen de voir comment il lui est possible de cumuler les aides de l’Etat, de la Région, de la ville de Paris et de la métropole du Grand Paris, selon le type de véhicules.   L’opposition de certains maires n’est pas gênante ?   Les maires sont dans leur immense majorité conscients de l’urgence de la situation. Et je leur fais confiance pour les décisions à prendre. Mais si quelques-uns décidaient de ne pas signer l’arrêté mettant en vigueur la zone à faibles émissions dans leur commune, cela créerait quelques « trous dans la raquette ». Néanmoins, cette décision ne remettrait pas en cause l’interdiction des véhicules les plus polluants, qui sera largement majoritaire dans le périmètre des 79 villes différentes de la métropole, interdiction qui sera respectée.

 

Logo Journal du Grand Paris         Article écrit en partenariat avec Le journal du Grand Paris.

 

Cet article vous a-t-il intéressé ?

2

oui

non

0

haut de page

Nous suivre

La Caisse d’Epargne Ile-de-France utilise des cookies pour pouvoir mesurer la fréquentation du site. En poursuivant votre navigation et en faisant défiler la page vous acceptez leur utilisation.

Paramétrer les cookies

Profitez de notre meilleure expérience !

La société Caisse d’Epargne Ile-de-France utilise des cookies pour améliorer votre expérience et pour nous permettre de mesurer l’audience du site. Pour en savoir plus sur les types de cookies utilisés sur ce site et les gérer, cliquez sur « Paramétrer ». Si vous désactivez certains cookies, cela peut affecter votre navigation sur le site.

Plus d'informations

Paramétrer
Tout accepter

Accédez au site sans option

Ces cookies sont indispensables pour permettre le bon fonctionnement du site. Vous ne pouvez pas désactiver ces cookies car le site Internet ne peut pas fonctionner correctement sans eux.

Toujours actif

Accédez au site sans option

Cookies techniques Cookies fonctionnels

Les cookies techniques servent, par exemple, à garder temporairement en mémoire les informations de connexion et fournir une connexion sécurisée. Les cookies fonctionnels permettent de mémoriser vos préférences sur le site, comme votre panier par exemple.

Aidez-nous à améliorer notre site

Ces cookies nous permettent d’analyser votre navigation et de mesurer l’audience de caisse-epargne-ile-de-france.fr en vue d'optimiser les fonctionnalités du site et d’adapter le contenu à vos centres d'intérêt.

Accepter
Confirmer