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Tours Duo : visite de chantier un an avant la livraison

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Tours Duo : visite de chantier un an avant la livraison

Trois ans après le lancement de leur construction par Vinci, les deux tours, portées par Ivanhoé Cambridge et conçues par Jean Nouvel, commencent à s’inscrire dans le paysage du 13e arrondissement. Culminant à 180 et 122 m de hauteur, ce futur « signal » de la rive gauche de plus de 110 000 m2, dont les trois quarts seront occupés par Natixis-groupe BPCE, doit être achevé en septembre 2021.

En arrivant au pied des tours Duo, le contraste entre la hauteur des édifices en construction et l’exiguïté de l’espace au sol est saisissant. « Le challenge consiste à construire 110 000 m2 sur une parcelle de 6 000 m2 », souligne Didier Brault, directeur des Ateliers Jean Nouvel, avec la difficulté de mener simultanément plusieurs chantiers sur peu de surfaces, contrairement à un chantier horizontal.
Cette contrainte n’est pas la seule à laquelle doivent faire face au quotidien le maître d’ouvrage, Ivanhoé Cambridge, le maître d’œuvre, les Ateliers Jean Nouvel, et le constructeur, Vinci construction, puisqu’il a fallu par exemple creuser jusqu’à 50 m de profondeur pour ancrer les fondations. Non seulement le site est encaissé entre les voies ferrées et le périphérique, mais les sols sont gorgés d’eau du fait de sa proximité avec la Seine. Sur les neuf étages en sous-sols, cinq seront dédiés à des parkings et le premier, de plain-pied avec la rue Bruneseau, accueillera un local à vélos de 2 600 m2.

Le double objectif de l’inclinaison des tours

Depuis le déconfinement, 700 personnes sont à pied d’œuvre sur cet impressionnant chantier réalisé à 70 % et elles devraient être un millier d’ici à la fin de l’année. A cette échéance, tous les planchers seront achevés, condition indispensable pour poser les façades, puis réaliser les aménagements intérieurs. Mais d’ores et déjà, les singularités du programme sont perceptibles, à commencer par l’inclinaison des tours et surtout celle de la plus élevée (Duo 1), qui culminera à près de 180 m de haut.
« Cette inclinaison de cinq degrés présente deux objectifs, décrypte Didier Brault, s’inscrire dans la perspective du boulevard Jean Simon et permettre aux façades de réfléchir l’activité du sol (trafic routier et ferroviaire, végétation), sans toutefois avoir d’effet miroir pour ne pas perturber les conducteurs ». Pour ce faire, une double peau, composée d’écailles en verre, recouvre la façade de Duo 1, située en surplomb du périphérique.
Avec ses façades qui s’écartent au fur et à mesure qu’elles s’élèvent, l’édifice présente une morphologie sans angle droit, « dès lors tous les niveaux sont différents et offriront des espaces de travail distincts qui s’adapteront aux différents métiers de Natixis », fait valoir Audrey Camus, vice-présidente développement et gestion d’actifs Europe chez Ivanhoé Cambridge depuis un an.

Trois mois et demi de retard

Pour regrouper ses activités, Natixis-groupe BPCE occupera en effet 90 000 m2 de l’ensemble – dont Artélia assure l’aménagement intérieur –, soit l’intégralité de Duo 1 (39 niveaux) et 16 des 28 étages de Duo 2, dont les niveaux supérieurs accueilleront un hôtel 4 étoiles de 139 chambres exploité par Pascal Donat, président du directoire de Valotel, et Laurent Taieb, fondateur du restaurant Kong. Au total, les deux bâtiments accueilleront quotidiennement 7 000 personnes.
« Bien que les deux objets se répondent, la plus petite tour ponctuée notamment de terrasses végétalisées présente une écriture différente », indique Didier Brault. Outre des commerces en rez-de-chaussée, un restaurant panoramique et un bar occuperont le sommet de Duo 2, tandis que la « tête » de Duo 1 (neuf étages), séparée du « corps » de la tour par un généreux niveau de terrasse (5,5 m de haut), a pour « objectif de rééquilibrer l’ensemble pour lui donner une stabilité », explique Didier Brault.
Enfin, une extension du terrain au-dessus des voies ferrées de la SNCF permet de réaliser un jardin semi-public (ouvert aux heures de bureau). « Le chantier a pris trois mois et demi de retard », indique Audrey Camus. Non seulement du fait du confinement, mais aussi des intempéries et des grèves de décembre 2019. L’ensemble doit être livré en septembre 2021, soit quatre ans et demi après le début des travaux.

Les transactions locatives en berne

En Ile-de-France, Ivanhoé Cambridge annonce une chute de 50 % des prises à bail entre septembre 2019 et septembre 2020, soit 1,6 million de m2 contre 2,3 à 2,5 millions en moyenne par an. La raison ? « L’attentisme des utilisateurs qui suspendent leurs projets », explique Martin Chevalier. En revanche, « les ventes sur le stock et les nouveaux programmes se maintiennent », ajoute le directeur de la gestion d’actifs en Europe de la filiale immobilière de la Caisse des dépôts et placement du Québec, convaincu qu’en dépit de la montée en puissance du télétravail, « les mouvements immobiliers ne vont pas s’interrompre, mais au contraire se poursuivre, car les entreprises vont penser différemment leur bureaux ».
Ainsi, Ivanhoé Cambridge réhabilite avec l’architecte Franklin Azzi deux bâtiments achetés en juillet boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement. L’ensemble développera d’ici à trois ans sur 6 000 m2 des bureaux, des logements et des commerces. La foncière porte également en blanc un programme tertiaire de 50 000 m2 sur le Val de Fontenay à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), qui sera livré fin 2021.

LEG01 : Le chantier des tours Duo sur la ZAC Paris Rive gauche. © Jgp
LEG02 : La plus haute des deux tours culmine à 180 m et a une façade recouverte d’écailles de verre. © Jgp
LEG03 : Ascension vers le 39e étage. 700 personnes travaillent sur le chantier des tours Duo, dont une partie sont en insertion sociale. © Jgp
LEG04 : « L’inclinaison de 5 degrés présente deux objectifs, décrypte Didier Brault, s’inscrire dans la perspective du boulevard Jean Simon et permettre aux façades de réfléchir l’activité du sol ». © Jgp
LEG05 : Le boulevard périphétique vu de la cime des tours Duo. © Jgp
LEG06 : «Cette inclinaison de cinq degrés présente deux objectifs, décrypte Didier Brault, s’inscrire dans la perspective du boulevard Jean Simon et permettre aux façades de réfléchir l’activité du sol (trafic routier et ferroviaire, végétation), sans toutefois avoir d’effet miroir pour ne pas perturber les conducteurs». © Jgp

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