Publié le 11/04/2022

3 min

L’affacturage, un complément de financement

Entretien avec Gaëtane Huguenet, directeur du marché des grandes entreprises & Laurène Arnoult, chargée d’affaires entreprise

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Les conditions du recours à l’affacturage ont nettement évolué. Est-il pertinent pour toutes les entreprises ?

Gaëtane Huguenet : L’affacturage permettait d’abord à une entreprise qui n’avait plus accès au financement bancaire classique de continuer à bénéficier d’un financement court terme. Désormais, il s’agit aussi pour l’ensemble des entreprises, d’un mode de financement complémentaire. Il est d’autant plus attractif que le processus est complètement automatisé et que les clients de l’entreprise ne sont pas nécessairement informés que leurs factures sont affacturées. Le factor peut prendre en charge la relance, le recouvrement des factures impayées, ou non.

Laurène Arnoult : Nous pouvons aider une entreprise à passer un moment difficile, car un financement à travers l’affacturage est adossé à des créances et n’est donc pas lié à la qualité de l’entreprise. Son montant peut être plus élevé que celui permis par un découvert, puisqu’il peut représenter jusqu’à 100 % des factures en cours de règlement. Mais l’affacturage est d’abord une technique de financement qui permet d’accélérer sa croissance et elle est très bien adaptée aux entreprises récentes, qui ne sont pas forcément dotées de fonds propres importants.

Les sociétés en bonne santé financière ont donc aussi vocation à s’équiper.

GH : Nous conseillons aux entreprises bien portantes d’anticiper le besoin en mettant en place cette mécanique, afin de la roder et de pouvoir saisir des opportunités d’investissement, grâce à la mobilisation du poste client, dans l’attente d’un financement classique.

Nous pouvons mettre en place un financement global des factures, dit financement de balance client.

Nous sommes aussi susceptibles d’accompagner nos clients dans leur développement international, en apportant le même service à leurs filiales européennes et dans certains pays non-européens.

 

Certains secteurs en particulier trouvent dans l’affacturage des réponses à leurs enjeux de financement. Quels sont-ils ?

LA : Le besoin de trésorerie est un vecteur crucial de pilotage d’une entreprise.

Et ceci est d’autant plus vrai pour les entreprises dont le BFR (besoin en fonds de roulement) est élevé : il s’agit d’entreprises qui doivent assumer de longs délais de paiement de la part de grands comptes ou d’institutions du secteur public.

Cela concerne, en particulier, les acteurs du secteur du bâtiment ou de l’industrie. Leur modèle, qui se caractérise par des délais de fabrication ou de construction de plusieurs mois, voire plusieurs années, implique souvent de payer leurs fournisseurs avant même d’être payés par leurs clients.

En pratique, comment s’articulent l’affacturage et les financements classiques ?

GH : L’affacturage est un élément important de la structuration de la dette. Un crédit syndiqué est par exemple octroyé au regard de ratios d’endettement à respecter.

Or, l’affacturage peut permettre de faire sortir la dette du bilan et donc de réduire le niveau d’endettement. L’opération d’affacturage est alors qualifiée de déconsolidante. L’objectif est de diversifier les sources de financement et d’en réduire le coût global, car ce mode de financement, adossé à une créance, est moins coûteux que d’autres financements court terme, et que le découvert en particulier.

 

LA : Pour un dirigeant d’entreprise, échanger avec un expert factor est l’occasion d’enrichir sa culture du financement, d’avoir une réflexion sur l’ensemble des modes de financement à sa disposition.

L’affacturage est adapté aux entreprises récentes, qui ne sont pas forcément dotées de fonds propres importants.

En quoi le contexte actuel, marqué par un fort rebond de l’activité dans la plupart des secteurs, renforce-t-il l’attrait de l’affacturage ?

GH : Le redémarrage rapide de l’économie a entraîné un afflux de commandes. La conséquence est un effet ciseau, c’est-à-dire un besoin de financer des achats auprès des fournisseurs, avant de tirer concrètement les bénéfices de cette reprise, dans un contexte où les coûts d’approvisionnement ont augmenté.

L’affacturage pourra efficacement répondre à ces nouveaux besoins.

Affacturage

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