Publié le 16/08/2022

3 min

Rencontre avec Pauline Becquey, Directrice Générale de Finance For Tomorrow

La finance verte et durable gagne du terrain et la place de Paris a des atouts à faire valoir en la matière. Rencontre avec Pauline Becquey, Directrice Générale de Finance For Tomorrow.

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Pauline Becquey, Directrice Générale de Finance For Tomorrow

Pauline Becquey, Directrice Générale de Finance For Tomorrow

Pouvez-vous nous présenter brièvement Finance For Tomorrow ?

Finance For Tomorrow est une initiative lancée par Paris Europlace en juin 2017 et dont l’objectif est de faire de la finance verte et durable un élément moteur du développement de la Place de Paris. Nous souhaitons en effet positionner Paris en centre financier de référence sur ces enjeux.
Aujourd’hui, nous comptons une centaine de membres, une majorité d’acteurs financiers mais aussi des entreprises et les pouvoirs publics, des think tanks et des ONG etc. L’idée est de faire travailler l’ensemble de cet écosystème varié pour transformer les pratiques au service de la finance durable. A ce titre, l’ambition est fixée : réorienter les flux de capitaux pour servir une économie bas carbone et inclusive qui soit en cohérence avec l’Accord de Paris de 2015 et les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU.

Comment ces engagements se traduisent-ils ?

Nous avons créé des groupes de travail afin de partager concrètement les bonnes pratiques et produire de l’expertise autour des sujets de la finance durable. Nous organisons également chaque année le Climate Finance Day, à quelques semaines de la COP. Cette journée permet de faire le bilan des initiatives et surtout de fixer des engagements car le chemin à parcourir reste important. Le prochain Climate Finance Day aura lieu le 27 octobre. En outre, nous assurons la gestion de l’Observatoire de la finance durable qui répertorie l’ensemble des engagements et des annonces en matière d’investissement vert et permet de suivre ces transformations dans la durée grâce à des indicateurs précis.

La France est-elle en pointe dans ce domaine ?

La France a pris une longueur d’avance, notamment en matière réglementaire. On peut même dire qu’elle a joué un rôle de pionnier en matière de finance durable en instaurant des labels reconnus (ISR et Greenfin). En outre, la Banque de France a été à l’origine de l’initiative NGFS (Network for Greening the Financial System), un réseau de superviseurs internationaux concernés par l’enjeu climatique. Cette volonté de promouvoir la finance verte et durable se traduit également en matière d’éducation et de formation. On dénombre aujourd’hui en France plus de 120 acteurs de la recherche répertoriés sur ce sujet ! Enfin, notre pays peut se féliciter d’être le quatrième émetteur d’obligations vertes au niveau mondial.

Quels conseils donneriez-vous à des épargnants intéressés par la finance durable mais qui ne savent pas vers quels types de produits s’orienter ?

Le premier conseil est de s’appuyer sur les labels existants qui apportent justement la garantie qu’un organisme tiers indépendant a certifié le fonds proposé. Le deuxième conseil est d’interroger son conseiller financier qui sera en mesure de vous proposer des produits adaptés en fonction de votre profil de risque et de vos objectifs patrimoniaux. La diversité de l’offre ISR permet aujourd’hui d’investir dans de nombreux produits, y compris des fonds thématiques. Enfin, nous ne pouvons que recommander aux épargnants de consulter la documentation disponible des fonds. L’instauration de la réglementation SFDR oblige en effet les sociétés de gestion à classer les fonds proposés en plusieurs catégories. Dans ce cadre, les fonds article 8 (intégration de critères ESG) et article 9 (fonds avec un objectif lié à l’investissement durable) sont à privilégier.

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